Pharaon jamais sans son vizir
Evoqué dans la politique, le vizir en ancien égyptien veut dire « tchaty ». Sous l’Egypte Ancienne, le vizir tchaty est le plus haut dignitaire du pays, à travers Pharaon qui gère celui-ci. Le travail du vizir repose principalement sur l’écriture, avec l’aide d’une équipe qualifiée de scribes. Le vizir scelle des décrets de Pharaon dans son office d’importantes archives : il conserve la copie des actes privés, registres cadastraux des terres cultivables, en cas de litiges au moment de mesurer les superficies imposables. Le vizir a aussi accès aux archives des autres institutions qui sont tenues de lui communiquer les documents exigés selon les procédures codifiées, qui diffèrent les documents classés ou non confidentiels. Le vizir en clair est un homme à tout faire dans le gouvernement de Pharaon, parce qu’il tient les archives, il devient judiciaire. Il contrôle aussi la production, on lui annonce les phénomènes naturels qui rythment les cultures, le lever de Sothis, arrivée de la crue, pluies épisodiques, et il donne l’ordre aux administrations locaux d’édifier des digues qui retiendront l’eau limoneuse dans des bassins d’irrigations pour préparer le sol arabe. Il fixe les taxes sur les récoltes, calcule, surveille l’acheminement et la répartition du gros bétail, avec la collaboration des « directeurs de ce qui est scellé », il veille à la conservation des produits précieux ; en assure l’approvisionnement en dépêchant d’expéditions aux mines et aux carrières ou aux comptoirs lointains. Vizir multifonctions, il règle la circulation des biens et des forces productives en contrôlant les bateaux, le déplacement des milliers, la où le besoin se fait sentir et en veillant à ce que l’offrande divine des temples soit fournie. Leurs tâches spéciales que le vizir peut mobiliser sont pour les constructions ou restauration d’édifices, cérémonies royales préparation des monuments funéraires de son Pharaon et a droit de regard sur les fonctions civiles ou religieuses.
Le vizir a tellement de lourd travail, que sa fonction fut dédoublée à la XVIIIème dynastie. Au Moyen Empire, un vizir du Sud en charge à Thèbes partage sa fonction avec un vizir du Nord dans la résidence septentrionale (Memphis, Pi-Ramsès, Licht)
Des vizirs renommés
Dans la lignée des vizirs les plus renommés de l’Egypte Pharaonique, on cite Âmtchou, dans la moitié de la XVIIIème dynastie, Ouser (amon), Rêkhmirê ont tenu leur plus grand rôle dans la tradition du vizirat, à travers une littérature qui parle des tâches encombrantes : Les Devoirs du Vizir, l’autre récit L’Installation du Vizir parle de sa fonction.
Au début de l’Ancien Empire, les vizirs étaient des membres de la famille royale, mais à la Ve dynastie, leur recrutement commença à s’effectuer en dehors de la famille royale sous la Vie dynastie dans le fait que Pépy I dut épouser les sœurs du vizir Djâou, membre d’une influente famille d’Abydos. Sous la XIIIe dynastie d’éphémères Pharaons se succèdent à un rythme élevé, la famille du vizir Ankhou contrôle imperturbablement les affaires. Dèsfois, la jalousie se profilait avec les ambitions de viser au plus haut. Amenemhat I fondateur de la XIIe dynastie, après avoir été vizir de Montouhotep IV, provoqua par contrecoup l’affaiblissement de la fonction vizirale. Désormais, les vizirs deviennent une espèce en voie de disparition face aux gestionnaires du domaine d’Amon.
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