Mercredi 7 octobre 2009
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L'Egypte a décidé mercredi de suspendre sa coopération archéologique avec le musée français du Louvre tant que des fragments de fresques de l'ère pharaonique, "volés" selon elle, ne lui seront pas
restitués.
Le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, a réagi en se disant "prêt" à restituer "sans délai" ces pièces s'il s'avérait que les doutes sur la légalité de leur sortie d'Egypte
étaient fondés.
Le Caire va "cesser toute coopération" archéologique avec le Louvre tant que ces pièces "volées" ne lui auront pas été restituées, a déclaré à l'AFP le secrétaire général du Conseil supérieur des
antiquités (CSA), Zahi Hawass.
Il s'agit de cinq fragments de fresques issus du tombeau d'un dignitaire de la XVIIIème dynastie (1550-1290 avant J.C.), situé dans la Vallée des Rois, près de Louxor.
L'annonce survient dans un climat crispé après l'échec du ministre de la Culture égyptien, Farouk Hosni, pour prendre la direction de l'Unesco, basée à Paris.
M. Mitterrand a convoqué pour le 9 octobre la commission scientifique nationale des musées de France afin que celle-ci émette un avis sur la provenance des fresques et leur éventuelle sortie des
collections du musée du Louvre.
Le ministre se déclare "prêt, si la commission devait émettre un avis favorable", à restituer les fragments de fresques à l'Egypte conformément à la Convention de l'Unesco de 1970 visant à lutter
contre le trafic de biens culturels, ratifiée par la France en 1997.
La direction du Louvre a assuré à l'AFP que le musée était "ouvert" à la restitution de ces pièces, "dans le respect des procédures" françaises.
"Le processus de restitution est enclenché", mais la décision finale dépend d'un avis conforme de la commission scientifique, précise-t-on au Louvre.
En attendant, M. Hawass a indiqué que deux conférences devant être organisées avec le musée avaient été annulées, et que les travaux menés par le Louvre sur le site archéologique de Saqqara, près
du Caire, étaient suspendus.
M. Hawass a précisé que cette décision, qui n'avait pas été rendue publique jusqu'à présent, avait été prise "il y a deux mois", laissant entendre qu'elle n'était pas liée à l'échec le mois dernier
de M. Hosni à l'Unesco.
Des responsables du ministère de la Culture égyptien indiquaient toutefois depuis quelques jours, en privé, leur intention de donner des signaux de mauvaise humeur envers la France, où une vive
campagne contre M. Hosni avait été déclenchée par des intellectuels comme le philosophe Bernard-Henri Lévy.
"Une issue satisfaisante pour tous devrait être trouvée dans un délai très raisonnable", estimait-on toutefois à l'ambassade de France au Caire.
L'Egypte, dont l'immense patrimoine archéologique a longtemps été exporté au profit des plus grands musées du monde -quand il n'a pas été tout simplement pillé- est aujourd'hui particulièrement
sourcilleuse sur ce sujet.
Le Caire réclame ainsi depuis longtemps avec insistance la restitution par l'Allemagne d'un buste de la légendaire reine Néfertiti, emmené à Berlin en 1913.
Cela fait peur...Bientôt je ne pourrais plus aller flaner dans le département des Antiquités Egyptiennes au Louvre si l'article en question dit vrai.
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